Martine Chaptal, agricultrice

La Lozère, sa terre chère

 

Elle n'a jamais quitté son département… Et rien ni personne ne la fera déménager. Agricultrice, présidente du foyer rural de Saint-Julien-d'Arpaon pendant 30 ans, Martine Chaptal continue à promouvoir la Lozère à son poste de deuxième adjointe au maire.

 

Martine Chaptal, 52 ans, est née dans le village des Laubies, sur la commune de Saint-Etienne-du-Valdonnez. Mais comme elle a davantage vécu à Saint-Julien-d'Arpaon, à 30 kilomètres de là, sur les pentes du Bougès, elle se sent d'ici aussi. Devenue agricultrice à vingt ans, en épousant son mari paysan, elle a aujourd'hui un troupeau de 230 brebis qui participent à façonner les paysages des Causses et Cévennes et classés par l'Unesco au Patrimoine mondial de l'humanité. "C'est pas énorme, mais c'est du travail", précise-t-elle. Elle accueille aussi les randonneurs dans son gîte d'étape, ouvert d'avril à octobre. "Ils randonnent autour du Mont Lozère et surtout sur le chemin de Stevenson", dans cet endroit magique de Mijavols, hameau accroché à la montagne, avec ses toits de lauzes et ses maisons de pierre.

 

Jamais Martine n'a quitté sa "chère Lozère". Pourquoi d'ailleurs l'aurait-elle fait ? "La question ne s'est pas posée. On est bien ici. Je m'y suis mariée. Si je vais un jour en ville, j'en ai assez. Deux jours, c'est trop !" Avec les randonneurs, elle voyage, cela lui suffit. Elle insiste : "Il n'y a pas besoin de partir !".

 

Le foyer rural, les enfants, la commune

 

Pendant trente ans, Martine s'est occupée du foyer rural, "pour le développement et le social… Nous nous réunissions pour des contes, des veillées avec les gens d'ici et des villages alentour, et pour la fête du village qui avait lieu début mai. Ce sont des jeunes qui ont repris le flambeau." Dans le même temps, elle a élevé ses deux enfants, 20 et 25 ans, qui vivent à Toulouse, où elle part de temps en temps. Aujourd'hui, elle continue, dit-elle, à promouvoir la Lozère en tant que deuxième adjointe au maire de Saint-Julien-d'Arpaon.

En 2003, elle a reçu la médaille du mérite agricole, mais ne l'évoque modestement que pour dire qu'elle ignore pourquoi vraiment on la lui a remise… En revanche, elle est intarissable sur la nécessité d'être ambassadrice de son département. "Il faut faire encore plus pour la Lozère et arrêter de dire qu'on est dans un trou perdu. Au lieu d'aller faire les courses à Alès, ou d'acheter sur Internet, je sais ça fait pas moderne, mais tant pis, il faut acheter local. Internet, c'est la facilité. Faire travailler des entreprises lozériennes chaque fois que possible. A un moment il y avait un slogan que j'aimais beaucoup : "Nos emplettes sont nos emplois". Puis Martine conclut finalement par un dicton : "Bûche et bûche font fagot comme on dit !" Et elle rit de bon cœur.