Franck Montialoux, un joaillier dans son écrin

A Sainte-Enimie, dans une maison cachée au cœur du village, Franck Montialoux imagine des bijoux pour lui et pour de grandes maisons de couture. Après une carrière enviée où il réhabilite la tête de mort, et bien qu’il reste présent sur les salons en France et à l’étranger, il revient au pays cueillir le jour.

 

Franck Montialoux est un pur Lozérien dont les origines de la famille remontent au XIIIe siècle. On sent quelque fierté à retracer brièvement sa généalogie. Lui-même est né en Lozère et y a passé sa scolarité avant de partir étudier à Lyon à l’école de Condé, puis à Paris, à l’IESA ( Institut d’études supérieures des arts) quand il pensait se spécialiser dans la restauration de tableaux.

 

Après dix-sept ans de vie parisienne, deux marques créées – GWA (Gentleman Woman Accessories) joaillerie, 26 Passage –, l’évidence le rattrape : rien ne vaut la Lozère. « Je rentre », dit-il à qui veut l’entendre. Il relance une création à son nom. Ayant ancré sa réputation dans le milieu de la joaillerie avec ses « têtes de mort », il assume en toute légitimité de signer Franck Montialoux.

A propos des vanités, le créateur est intarissable ! « La vanité a toujours été présente en art, elle ne fait que transmettre le message de profiter de la vie. Carpe diem ! C’est le XXe siècle qui a perverti la tête de mort en la rendant “trash”. Au contraire, son côté épicurien est plutôt sympa. »

Il brandit un crâne, en caresse les rondeurs, les cavités : « C’est très graphique, esthétique et quel bel objet symbolique ! Le cerveau, la connaissance, le savoir, l’intelligence, le tout dans ce magnifique écrin… »

 

Passionné et impatient…

Devant sa collection de vanités – des bagues essentiellement – en argent, réhaussées de pierres précieuses pour certaines, il s’amuse encore d’avoir « tiré le portrait » du Père Noël, de Henri IV ou de Mozart, de Bob Marley, des Village People, de Charlie Chaplin et de « méchants » tels Terminator ou Hannibal Lecter… A quarante ans, Franck Montialoux est toujours passionné comme au premier jour. Et impatient… « Je veux encore tout tout de suite, et comme j’ai trop d’idées, rien ne va assez vite. Un projet pousse l’autre, c’est sans fin ! ».

 

S’il réalise encore des bijoux, il préfère aujourd’hui les dessiner, et pour d’autres marques, car s’adapter au style de grandes maisons est un défi sans cesse renouvelé. Cette année encore et pour la troisième fois consécutive, il conçoit la couronne de la future Miss France ! «  C’est une émotion sublime de voir les bijoux que j’ai dessinés portés par quelqu’un.  » La tête en Lozère, les pieds à Paris ou ailleurs, il fréquente toujours les salons à la découverte des dernières nouveautés en joaillerie. Détaché de la vie citadine turbulente, il cultive pourtant ses attaches et ses amitiés, quitte son village pour mieux y revenir. Il y a dix ans, on lui aurait demandé ce qui suffisait à son bonheur, il aurait répondu « voir ma marque exploser et devenir milliardaire ». Aujourd’hui, il lui suffirait juste d’être heureux. « Aller à l’essentiel, c’est cela, non ? »

 

 

En savoir plus sur Franck Montialoux :

http://www.franckmontialoux.com/collection.php