Aurore Guitton et Ludovic Sécher, mercière et technicien de laboratoire

Ils ont choisi un nouveau mode de vie

 

Originaires de la région nantaise, Aurore Guitton et Ludovic Secher découvrent depuis un an à Florac un nouveau mode de vie. Aurore a repris la mercerie du village et Ludovic a retrouvé le chemin d’un laboratoire scientifique, à échelle humaine.

 

Ludovic raconte qu’il s’occupe d’un jardin ouvrier sur les bords du Tarnon. Qu’avec l’association Quoi de 9, à l’automne dernier, il a participé à la journée nationale contre le gaspillage alimentaire en ramassant pommes, poires et coings dans les environs, transformés à l’atelier du CFPPA de la ville et vendus au profit des associations. “En Normandie, j’étais… décalé. C’est pour ça qu’on est bien ici. On retrouve une vie moins matérialiste.” Aurore, qui a repris la mercerie de Florac fin mai 2014, s’étonne d’avoir vu débarquer dans sa boutique des étudiants de Supagro, filles et garçons, venus acheter de quoi tricoter. “Apprendre le tricot une fois dans sa vie, sans jugement, c’est bien. Ici, c’est possible.” Elle donne un coup de main à la confection des costumes pour le spectacle du collège des 3 vallées. Bientôt elle commencera l’animation d’ateliers de couture pour le foyer rural.

 

L’histoire de ce couple, 70 ans à eux deux, a valeur d’exemple. Licenciés de leur poste de techniciens de laboratoire à Evreux il y a quelques années, ils remettent en question la vie qu’ils mènent et leur parcours professionnel. Aurore qui a toujours été passionnée par les activités manuelles et artistiques se lance dans un CAP de couturière. Ludovic, attiré par la nature, prépare un BTS Gestion et maîtrise de l’eau au CFPPA de Marvejols, qu’il obtient en 2012. S’il arrive donc un peu “par hasard” en Lozère, l’idée lui trottera dans la tête de partir s’y installer.

 

Une rare qualité de services

 

“L’opportunité se présente pour Aurore de reprendre une mercerie et de développer une activité autour de la couture. Contrairement à notre idée initiale, c’est moi qui devrais chercher un travail !”, explique Ludovic. Il passe quatre mois à l’accueil touristique du Parc national des Cévennes puis trouve un poste de technicien de laboratoire à Chanac. “Nous sommes 50… Rien à voir avec les 2 000 employés de mon précédent emploi…” Le couple ne tarit pas de remerciements. Pour l’animatrice du dispositif Relance qui a contribué à leur installation, pour le Pôle Emploi de Mende, pour la Chambre des Métiers… “C’est rare, une telle qualité de services pour aider les gens à s’installer. Nous sommes heureux de montrer que c’est possible d’y parvenir !”

 

Tout n’a pas été simple au départ. Aurore tâtonne. “Il s’agissait de tout quitter… On s’éloigne quand même de la famille, des amis. Mais nous étions en rupture avec notre cadre de vie et pour nous, c’est ici que ça se passait !” A la nature, la jeune femme préfère la culture, les expos, les musées… Mais tous deux découvrent la vie culturelle et associative, la Genette Verte, les sorties nature avec le Parc, le cinéma itinérant… Au quotidien, la simplicité des démarches administratives les laisse encore admiratifs. “Partout l’accueil est facile. On n’a pas besoin de faire la queue, les rendez-vous sont immédiats. On n’emmène pas de livre pour patienter !

 

Le couple s’accorde encore à vanter la simplicité des Lozériens. “Ici c’est très franc. On casse un peu les codes ! C’est chouette.” Et de se souvenir de ces retrouvailles dans un café avec des connaissances où chacun met sur la table ce qu’il a – un saucisson, du pain, du fromage. “On n’ avait rien calculé. On était juste bien.”